correspondance

2 octobre 2012

Je repense à cette aventure :  la descente des hauts plateaux jusqu’à l’océan indien, à travers la forêt, en train, la nuit, entre Tananarive & Tamatave ; et cette manière d’arriver en ville avec le jour (à Nante ou à Lisbonne aussi). Au sac vert qui a failli rester sur le tarmac d’un vague aéroport (j’ignorais que la piste d’atterrissage servait aussi de tapis pour bagages). Au découragement devant la neige qui tombe à nouveau, imperturbable, au matin de Pâques à Montréal. A la surprise de découvrir mon visage bruni par le soleil, après une semaine passée en mer sans miroir. Aux beignets aux framboises croquants de sable sur la plage de Saint Philibert. Au taux d’humidité de l’air qui me prit à la gorge au sortir de l’avion à Nashville, Tennessee, comme à Maputo, Mozambique. A la pochette que je portais autour du cou pour aller rejoindre toute seule ma cousine à Oxted, Surrey en 1983. A la drôlerie d’une gare de Brussels appelée « midi ». A ces moments suspendus sur des parkings de ports, à attendre l’embarquement des voitures dans des cales puant le fioul. A l’étonnement de me découvrir la seule visage pâle de l’autobus que j’étais allée cherché dans un faubourg de Montréal pour payer moins cher mon trajet jusque New-York.  Aux orages de Johannesburg qui transformaient l’autoroute en fleuve sans prévenir. Au déluge identique qui me cueillit à Sao-Paulo et à Rome.  Aux faux-plats vraiment traîtres des routes de Bretagne à vélo. A la sensation de bout du monde au passage  du cercle polaire, après la traversée monotone de la Suède en train.  A la joie d’être enfant et de laisser aux grands le soin de monter la tente de nuit, en écoutant la pluie galloise sur le toit du combi orange.

Assise face au Coiron, en Ardèche, je regarde le soleil glorieux disparaitre derrière la montagne. Alors que mon passeport est sans doute périmé depuis un siècle, je voyage dans mes souvenirs, à l’écoute des traces laissées par ces trajectoires anciennes. Aujourd’hui, ici-même, une autre aventure. (Mais comment dit-on saudade en français ?!)

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4 Responses to “correspondance”

  1. Aline Maclet Says:

    T’aurais pas (très) bientôt 39 ?
    Saudade, en français, ça se dit peut-être comme ça?
    Bises a.

  2. marie-pierre Says:

    Marie-Pierre

    • Claire Says:

      ce même jour
      alors que les kilomètres quasi quotidiens qui me séparent de la Drôme défilent, mon esprit vagabonde vers l’avant maternité, l’avant maison, l’avant tout court, et je me dis qu’il serait bon d’entreprendre seule un grand voyage, retrouver l’ambiance des aéroports, se sentir étrangère et légère la tête sur un hublot, retrouver des amies de loin qui me manquent, quitter un ici, passer de l’autre côté du globe… «un autre moment, ailleurs»…
      « hasret » en turc évoque le désir et la nostalgie…


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