ce tremblé de lumière

23 novembre 2012

« Il n’est peut-être pas d’autre exemple dans le monde d’un tel art de jardiner, travaillant délibérément par la taille des frondaisons les figures mouvantes que trace la lumière sur le sol ; telles des broderies à jours faisant apparaître un motif, ou encore le filigrane d’un papier à lettres se révélant à la fenêtre ou sous la lampe, mais figures éminemment vibratiles celles-là, comme écrivant sur la page du chemin le chiffre de la brise. Cet art de composer les vibrations de la lumière, peut-être est-ce de l’ancienne musique de cour gagaku qu’il est en réalité le plus proche – et pas seulement parce que, la musique se propageant elle aussi dans l’espace, leurs ondes tout naturellement se frôlent et s’animent. Car cette lumière changeante engendrée par l’éclaircissement du feuillage se dit aussi d’une manière d’y jouer un accord de luth, ou plus précisément de quitter cet accord selon un jeu dit « à claire-voie » qui consiste à relâcher certaines cordes tandis que d’autres demeurent pressées sur la touche, libérant dans l’air les résonances comme la lumière descend sur le chemin. »  Véronique Brindeau, Louanges des mousses, Ed.Philippe Picquier

Brindeau, brin de lumière, chacun peut faire miroiter l’éclat de quelque chose. Avec le goût du jeu et d’éclaircir un peu – comme un geste d’hospitalité, créer des transparences sur le chemin.

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