rêver la saveur du temps

15 décembre 2012

Cela passait par la mémoire,
venait très doux

comme une main posée sur l’épaule,
une victoire distraite de l’absence.

Le matin seulement,
sur ses premiers pas,

une rouille fugitive
pour surprendre la saison.

Non l’avenir
qui se grime en promesse,

mais ce bord perdu

à rêver la saveur du temps.

 

Paul Farrelier
In tes rives finir, © l’arbre à paroles, 2004, p.35

DEC 009

correspondance

2 octobre 2012

Je repense à cette aventure :  la descente des hauts plateaux jusqu’à l’océan indien, à travers la forêt, en train, la nuit, entre Tananarive & Tamatave ; et cette manière d’arriver en ville avec le jour (à Nante ou à Lisbonne aussi). Au sac vert qui a failli rester sur le tarmac d’un vague aéroport (j’ignorais que la piste d’atterrissage servait aussi de tapis pour bagages). Au découragement devant la neige qui tombe à nouveau, imperturbable, au matin de Pâques à Montréal. A la surprise de découvrir mon visage bruni par le soleil, après une semaine passée en mer sans miroir. Aux beignets aux framboises croquants de sable sur la plage de Saint Philibert. Au taux d’humidité de l’air qui me prit à la gorge au sortir de l’avion à Nashville, Tennessee, comme à Maputo, Mozambique. A la pochette que je portais autour du cou pour aller rejoindre toute seule ma cousine à Oxted, Surrey en 1983. A la drôlerie d’une gare de Brussels appelée « midi ». A ces moments suspendus sur des parkings de ports, à attendre l’embarquement des voitures dans des cales puant le fioul. A l’étonnement de me découvrir la seule visage pâle de l’autobus que j’étais allée cherché dans un faubourg de Montréal pour payer moins cher mon trajet jusque New-York.  Aux orages de Johannesburg qui transformaient l’autoroute en fleuve sans prévenir. Au déluge identique qui me cueillit à Sao-Paulo et à Rome.  Aux faux-plats vraiment traîtres des routes de Bretagne à vélo. A la sensation de bout du monde au passage  du cercle polaire, après la traversée monotone de la Suède en train.  A la joie d’être enfant et de laisser aux grands le soin de monter la tente de nuit, en écoutant la pluie galloise sur le toit du combi orange.

Assise face au Coiron, en Ardèche, je regarde le soleil glorieux disparaitre derrière la montagne. Alors que mon passeport est sans doute périmé depuis un siècle, je voyage dans mes souvenirs, à l’écoute des traces laissées par ces trajectoires anciennes. Aujourd’hui, ici-même, une autre aventure. (Mais comment dit-on saudade en français ?!)

l’inexploré*

29 septembre 2012

On estime qu’il y a en nous quelque 750 milliards de cellules qui dialoguent, comme des émetteurs-récepteurs. C’est le bruit de fond de notre univers intérieur.

* une nouvelle revue de science / psychologie / spiritualité

qi gong

18 septembre 2012

Elle a décidé de partir. Habiter près de la mer.
La belle maison vide attend. Quelqu’un d’autre.
J’ai porté dans la salle des glaces les coussins carrés qu’elle nous a laissés pour l’assise. Un mouvement m’est venu, prenant tout son sens : « transporter pour offrir ».

mémoires

30 mars 2012

Larmes de pierre, L’arbre de l’oubli. Deux livres écrits par Alexandra Fuller sur son « enfance africaine », dans un pays en guerre pour son indépendance, la Rhodhésie. « Elle raconte dans ses livres la vie dans la ferme familiale et les tragédies vécues : l’alcoolisme de sa mère après le décès de trois de ses enfants, le racisme de son père, le viol de sa sœur, les guerres en Afrique australe. »

Mardi à la radio, elle expliquait l’honnêteté brutale de son point de vue d’enfant : « j’écrivais ce que je voyais, et c’était la vie ».

illustration : Renaud Perrin

 

beaux dragons

23 janvier 2012

Pour les chinois, c’est maintenant le printemps,
avec l’année nouvelle, celle du dragon…

il y en a plein de beaux sur
http://www.francetv.fr/info/bienvenue-dans-l-annee-du-dragon_51883.html

capitale

17 janvier 2012

La nostalgie de Paris, je croyais que c’était fini, et puis m’est parvenue cette photo de Bernard Chevalier… La ville vue à travers le tube du 6e étage du centre Pompidou.